« J'avais peur qu'on me prenne mon téléphone » : le témoignage de Rayan
Pris en photo endormi dans le car, Rayan, douze ans, n'osait rien dire de peur de perdre son téléphone. Son grand frère l'a aidé à parler.
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Parles-en à un adulte de confiance : un parent, un prof, un éducateur. Et si c'est trop dur d'en parler autour de toi :
- 103, Écoute-Enfants : gratuit et anonyme.
- 116 000, Child Focus : si une photo ou une vidéo de toi circule en ligne sans ton accord.
Série réalisée avec Sors de ta bulle, conférences Le Choix dans les écoles.
À retenir de cet épisode
As-tu déjà eu peur de parler d'un problème parce que tu craignais d'être puni ? Dans cet épisode de la série harcèlement d'edukia, réalisée avec Sors de ta bulle, Maya et Julie donnent la parole à Rayan, un personnage fictif de douze ans, inspiré de plusieurs témoignages recueillis par Sors de ta bulle.
Rayan raconte qu'un camarade l'a photographié endormi dans le car pendant un voyage scolaire, puis a mis la photo en story avec la légende « le dragon qui ronfle ». La photo a circulé dans d'autres groupes et d'autres classes.
Les moqueries ont continué à l'école, et les messages ne s'arrêtaient pas le soir sur son téléphone. Pourtant, Rayan n'a rien dit à ses parents : il avait trop peur qu'on lui prenne son téléphone.
Sans téléphone, il se sentait encore plus isolé. Tu vas découvrir ce qui a fini par changer la situation : un grand frère qui a vu un message par-dessus son épaule et qui a réagi sans se moquer.
Ensemble, ils ont fait des captures d'écran, puis ils ont parlé aux parents, puis à l'école. Cet épisode montre que parler, ce n'est pas balancer : c'est demander de l'aide.
Et que la personne de confiance peut aussi être un frère ou une cousine.
Une photo volée qui fait le tour des groupes
Pendant un voyage scolaire, Rayan s'est endormi dans le car. Un garçon l'a photographié la bouche ouverte et a posté la photo en story avec la légende « le dragon qui ronfle ».
La photo a ensuite circulé dans d'autres groupes et même dans d'autres classes. À l'école, des élèves imitaient un ronflement quand Rayan passait, et le soir, les messages continuaient sur son téléphone : l'école finissait, mais le harcèlement, non.
La peur de perdre son téléphone garde dans le silence
Rayan n'a pas parlé à ses parents parce qu'il avait peur qu'ils lui prennent son téléphone. Pour lui, perdre son téléphone signifiait ne plus rien savoir de ce qui se passait et être encore plus mis de côté.
Alors il se taisait : il mangeait seul au bout de la table à la cantine, lisait les commentaires sous la story un par un le soir, et faisait semblant que tout allait bien. Il dormait mal.
Comme le rappelle Julie, cette peur d'être puni garde beaucoup de jeunes dans le silence.
Un grand frère qui réagit sans juger
Ce qui a changé, c'est que le grand frère de Rayan a vu un message par-dessus son épaule. Il ne s'est pas moqué.
Il lui a dit : « On fait des captures, et après, on en parle aux parents ensemble. » Les parents n'ont pas pris le téléphone de Rayan. Ils lui ont dit que ce n'était pas lui qui avait fait quelque chose de mal.
La personne de confiance n'est pas toujours un adulte : ça peut aussi être un frère ou une cousine.
Les captures, les parents, l'école : dans cet ordre
Avec les captures d'écran, Rayan et ses parents sont allés à l'école. Le garçon qui avait publié la photo a dû supprimer la story et a reçu une sanction.
Le titulaire a ensuite parlé de la situation en classe, sans citer le nom de Rayan. Certains élèves sont venus s'excuser.
L'un d'eux a même avoué qu'il n'avait jamais trouvé ça drôle, mais qu'il n'osait rien dire. Maya souligne le bon ordre : d'abord les captures pour garder les preuves, ensuite les parents, puis l'école.
Parler, ce n'est pas balancer
Julie le dit clairement : parler, ce n'est pas balancer, c'est demander de l'aide. Ce n'est pas toi qui as mal agi.
Rayan regrette de ne pas avoir parlé plus tôt, mais Julie lui rappelle qu'il a parlé, et c'est ça qui compte. Son conseil : trouve quelqu'un en qui tu as confiance et montre-lui ce qui se passe.
Si tu ne sais pas à qui parler, tu peux appeler le 103, Écoute-Enfants : c'est gratuit et personne ne saura que tu as appelé.
Les points clés
- Parler de ce qu'on vit, ce n'est pas balancer : c'est demander de l'aide.
- Avoir peur de perdre son téléphone peut garder un jeune dans le silence, même quand il souffre.
- Le bon réflexe : faire des captures d'écran d'abord, puis en parler à quelqu'un de confiance, puis aller à l'école.
- La personne de confiance peut être un frère ou une cousine.
- Si tu ne sais pas à qui parler, tu peux appeler le 103, Écoute-Enfants : c'est gratuit et confidentiel.
Questions fréquentes
Pourquoi un jeune harcelé n'ose-t-il pas en parler à ses parents ?
Dans cet épisode, Rayan explique qu'il avait peur que ses parents lui prennent son téléphone. Sans téléphone, il se sentait encore plus isolé et coupé de ce qui se passait.
Cette crainte d'être puni pousse beaucoup de jeunes à se taire, même quand ils souffrent. Julie rappelle que cette peur garde de nombreux jeunes dans le silence.
Comment réagir si quelqu'un partage une photo de moi sans mon accord ?
Le conseil donné dans l'épisode : commence par faire des captures d'écran pour garder les preuves. Ensuite, trouve une personne de confiance, que ce soit un parent, un frère ou une cousine, et montre-lui ce qui se passe.
Ensemble, vous pourrez en parler à l'école. C'est ce que Rayan a fait, et le garçon a dû supprimer la story et a reçu une sanction.
Que faire si je suis témoin de harcèlement en ligne ?
Dans l'épisode, un camarade de Rayan avoue qu'il n'avait jamais trouvé la moquerie drôle, mais qu'il n'osait rien dire. Le grand frère de Rayan, lui, a réagi sans se moquer : il lui a proposé de faire des captures d'écran, puis d'en parler ensemble aux parents.
Est-ce que parler de harcèlement, c'est balancer ?
Non. Julie, de Sors de ta bulle, le dit clairement : parler, ce n'est pas balancer, c'est demander de l'aide.
Ce n'est pas la victime qui a mal agi. Chercher du soutien auprès d'une personne de confiance, c'est le bon réflexe.
C'est quoi le 103 Écoute-Enfants ?
Le 103 est un numéro d'aide gratuit mentionné dans l'épisode. Tu peux l'appeler si tu vis une situation difficile comme du harcèlement et que tu ne sais pas à qui en parler.
L'appel est confidentiel : personne ne saura que tu as appelé.